On distingue généralement deux grandes catégories de séries chronologiques : ![]()
- Les séries discrètes, dans lesquelles les données sont recueillies à des intervalles de temps fixes (par exemple : chaque jour, chaque semaine, tous les 14 jours).
- Les séries chronologiques continues, qui correspondent à des observations enregistrées de manière quasi ininterrompue dans le temps, ou à des intervalles si courts qu’elles donnent l’impression d’un suivi en continu.
Sur le plan conceptuel, cette distinction peut entraîner des différences dans la façon dont on modélise ou interprète les séries. Toutefois, dans la pratique et surtout en santé publique, la majorité des séries temporelles sont discrètes, car les données sont collectées à des moments bien définis (p. ex. le nombre de cas par semaine, la température quotidienne, les admissions hospitalières mensuelles).
Même lorsque les données sont discrètes, elles sont souvent représentées graphiquement sous forme de courbes continues, les points étant reliés entre eux pour mieux visualiser les tendances. Cette façon de représenter les données rend les graphiques plus lisibles, notamment sur de longues périodes.
La différence entre une série discrète et continue devient surtout visible lorsqu’on zoome sur une période plus courte, où l’effet « en escalier » ou « en barre » des séries discrètes peut apparaître plus nettement.
Dans le cadre de cette formation, nous allons nous concentrer sur les séries discrètes, car ce sont celles que l’on rencontre le plus souvent dans les contextes de surveillance épidémiologique et d’analyse de données en santé publique.
Un exemple pratique
Prenons l’exemple classique du suivi du nombre de cas de rougeole à Londres, tous les 14 jours de 1945 à 1965.
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L’application Shiny
suivante vous permet d’explorer différentes représentations graphiques des cas de rougeole à Londres.
Voici les manipulations que vous pouvez faire dans l’application :
- Choisir le type de graphique : deux modes d’affichage sont disponibles pour illustrer la même série temporelle.
- Ligne (points connectés) : la série est représentée sous forme de courbe continue, les points sont reliés pour mieux faire ressortir les tendances.
- Barres : chaque valeur est représentée par une barre, soulignant le caractère discret des données.
- Sélectionner une période : le déplacement des deux curseurs permet de modifier la plage de temps (années).
- Dans le graphique : en déplaçant le pointeur de la souris sur la figure, la valeur exacte du nombre de cas pour chaque point de la série va s’afficher incluant le mois et l’année.
- Widget « Année » sous le graphique : le déplacement des deux curseurs du widget est une autre façon de modifier la période dans le graphique.
Sur une longue période, la différence entre les deux représentations est minime : les motifs généraux (hausses, baisses, cycles) sont perceptibles dans les deux cas. Toutefois, lorsqu’on zoome sur une période plus courte, la différence devient plus apparente.
La représentation en courbe permet une lecture plus fluide et facilite parfois l’extrapolation visuelle, tandis que la représentation en barres reflète plus fidèlement la nature discrète de la collecte des données.
Dans cet exemple, bien que les données soient enregistrées à intervalles fixes (série discrète), la représentation sous forme de courbe est souvent préférée pour des raisons de lisibilité graphique.